François Mitterrand et l’extrême-droite

Ce que vous ne saviez pas …

 François Mitterrand et l'extrême-droite dans Socialisme et totalitarisme mitterrand_petain 

FAMILLE, PATRIE
Le 26 octobre 1916, à Jarnac, en Charente, Yvonne Lorrain donne le jour à son deuxième enfant, François. Yvonne et son mari Joseph Mitterrand auront cinq enfants. Après la naissance du dernier, Joseph prendra sa retraite anticipée d’agent de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Il va diriger la vinaigrerie de son beau-père et sera même rapidement président de la Fédération des syndicats de fabricants de vinaigre de France.
En Charente, dans la région de Jarnac, ce sont les cognacquiers qui tiennent le haut du pavé. Même si l’affaire de Joseph Mitterrand subvient aux besoins familiaux, François vit très mal la condescendance manifestée par la bourgeoisie des producteurs de cognac à l’égard des vinaigriers. Plus tard, il préférera  » oublier  » les activités commerçantes paternelles pour se dire  » fils de cheminot « , origine plus conforme à son image d’homme de gauche.
Chez les Mitterrand, on est furieusement patriote, très catholique et l’on considère comme progressiste de rester malgré tout fidèle à M. Poincaré ou à M. Doumergue, ces présidents d’une République consommée avec modération.
Au collège Saint-Paul d’Angoulème, François devient membre de la JEC, structure étudiante de l’action catholique, suivant cette voie de droite qui, pour sa famille, n’est que le droit chemin.
Les Mitterrand évoluent dans un monde où ils font figure de modérés. Certains des amis du clan, comme le colonel Moreau, vilipendent la République, les politicards et tout ce qui contribue à affaiblir le sentiment national; d’autres, comme les Bouvyers, rêvent d’en découdre avec les socialistes, les bolcheviques, tous ces apatrides qui gangrènent la société française. Jean, ami de François, l’un des fils Bouvyers, adhéra très jeune à l’organistation d’extrême droite des Camelots du roi et participa en juin 1937 à l’assassinat des frères Rosselli, antifascistes installés en France, dont le comte Ciano, gendre de Mussolini, commandita l’exécution.
François Mitterrand était le chouchou des parents de ses amis. Souvent cité en exemple, il est l’image presque idéale, du « bon jeune homme ».
Lorsqu’il monte à Paris, François Mitterrand prend pension dans une des ces institutions religieuses qui sont la providence des provinciaux. Situé au 104 de la rue de Vaugirard, cet établissement, nommé Réunion des étudiants dispense un peu de nourriture spirituelle, complément d’études universitaires rigoureusement laïques.

 

LES VOLONTAIRES NATIONAUX  

Sympathisant du colonel François de la Rocque, il adhère aux Volontaires nationaux, organisation de jeunesse des Croix-de-feu en 1934. Cette adhésion à de la Rocque durera entre un et trois ans.

 

MANIFESTATION CONTRE LES « METEQUES » 

Le 1er février 1935 , François Mitterrand participe à la manifestation de l’Action française contre les médecins étrangers autorisés à exercer en France, aux cris de « La France aux Français » (plus connu sous le nom réducteur de manifestation contre « l’invasion métèque »). Sa participation à cette manifestation fut attestée par deux photographies, publiées dans Les Camelots du Roi de Maurice Pujo, où François Mitterrand apparaît face à un cordon de policiers. Le président ne niera pas avoir participé à cette manifestation mais n’en reconnaîtra pas le mot d’ordre. 

 

LES CAGOULARDS   

En janvier 1935, Eugène Deloncle fonde une organisation secrète, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale, rebaptisée La Cagoule par Maurice Pujo. C’est Eugène Schueller, le fondateur de la société l’Oréal, qui met ses moyens personnels à disposition de la Cagoule et organise des réunions au siège de sa société. Plusieurs jeunes gens, amis et étudiants pour la plupart, résidant à l’internat des pères maristes du 104, rue de Vaugirard à Paris, fréquentent alors les chefs de la Cagoule. Sans tous adhérer au mouvement ou faire état publiquement d’une quelconque approbation, on y retrouve Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, François Mitterrand et André Bettencourt lesquels fréquentent « assidûment l’appartement de la rue Zédé, puis celui de la rue Chernoviz, du côté de Passy, où fraie le Tout-Cagoule d’avant-guerre ».

 

LE REGIME DE VICHY

Installé à Vichy en janvier 1942, bien que recherché par les allemands comme prisonnier évadé, il occupe un emploi contractuel d’abord à la Légion Française des Combattants puis en mai 1942, au commissariat général aux prisonniers de guerres et rapatriés et aux familles de prisonniers de guerre dont la compétence est principalement civique et sociale. En janvier 1943, le commissariat prendra cependant une orientation pro-nazie. François Mitterrand, alors chef de service de l’Information du commissariat pour la zone sud, démissionne. Il garde un poste à la tête des centres d’entraides et c’est à ce titre qu’il reçoit la francisque gallique en mars-avril 1943.

Pour certains, à la lecture du livre de Pierre Péan, il ne fait aucun doute que François Mitterrand a été maréchaliste et plein de confiance et d’admiration pour l’homme Pétain, notamment à la lecture d’une de ses lettres à sa soeur, rédigée le 13 mars 1941 et dans laquelle il écrit :  » j’ai vu le maréchal au théâtre […] il est magnifique d’allure, son visage est celui d’une statue de marbre. » Dans une lettre du 22 avril 1942, il avoue n’être pas particulièrement inquiet du retour aux affaires, en avril 1942, de Pierre Laval, qui doit selon lui faire ses preuves, mais il condamne la fonctionnarisation de la Légion française des combattants (LFC), lui préférant le modèle du Service d’ordre légionnaire (SOL), que vient de mettre en place Joseph Darnand. Pour d’autres, à la lecture du même livre, Mitterrand ne fut jamais compromis avec le régime de Vichy et l’aurait dès le début tenu en piètre estime.

 

SES AMITIES

- Une longue amitié avec René Bousquet :

Selon Georges-Marc Benamou, François Mitterrand aurait tenu les propos suivants à propos de René Bousquet, ancien secrétaire général de la police du Régime de Vichy « Une carrière ainsi brisée à trente-cinq ans, ce n’est pas supportable… Bousquet en souffrait cruellement. Imaginez cette cassure, cette carrière foudroyée … »

En 1974, René Bousquet soutenait et apportait son concours financier au candidat François Mitterrand contre Valéry Giscard d’Estaing. Une photographie de l’époque témoigne de ces contacts entre les deux hommes, réunis autour d’une tablée familiale dans la maison de Latche. En défense, François Mitterrand déclarait que « René Bousquet avait participé au financement de tous les principaux hommes politiques de gauche, des années 1950 au début des années 1970, Pierre Mendès France compris ».

En 1981, après la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle, Bousquet sera reçu à l’Elysée « pour parler politique ». En 1986, quand les accusations portées contre René Bousquet prennent de la consistance, le président aurait cessé de le voir. En 1994, ses liens avec Bousquet sont rendus publics à l’occasion de la sortie du livre de Pierre Péan.

- Le Maréchal Pétain :

Georges-Marc Benamou attribue ces propos à F. Mitterrand « Ah, Vichy, Ah Pétain (…) c’était un vieillard un peu dépassé mais… magnifique » François Mitterrand.

Le dépôt de gerbe au maréchal Pétain de 1984 à 1991 va être au centre d’une longue polémique. Le général de Gaulle et Valéry Giscard d’Estaing avaient chacun une seule fois fait déposer de telles gerbes à l’occasion de la commémoration de la bataille de Verdun. Selon Pierre Favier et Michel Martin-Roland, François Mitterrand se voulait le fidèle héritier de ses prédécesseurs quand en 1984, au moment de manifester l’amitié franco-allemande (poignée de mains avec Helmut Kohl), il fait déposer une gerbe sur la tombe du Maréchal Pétain.

 

[Tags : François Mitterrand, nazisme, collaboration, collabo, extrême-droite, totalitarisme, socialisme, Cagoule, francisque, Maréchal Pétain, Bousquet, amitiés]

Publié dans : Socialisme et totalitarisme |le 15 avril, 2008 |3 Commentaires »

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3 Commentaires Commenter.

  1. le 14 mai, 2011 à 15:16 FRANVERS écrit:

    A propos de la présence de Mitterrand à la manifestation de l’Action française où nous le voyons d’ailleurs à la droite d’une banderolle qui reprend le slogan de la manifestation « contre l’invasion métèque faites grève » comment peut-il dire qu’il n’en reconnaissait pas le mot d’ordre ? c’est vraiment le comble du cynisme. Mitterrand, le résistant de dernière heure qui bascule du côté des inévitables vainqueurs lorsqu’il comprend que la guerre sera gagné par les alliés. Un grand opportuniste de l’histoire de France.

  2. le 11 janvier, 2015 à 12:40 Ricor écrit:

    Il aurait été judicieux de poser la question à Danielle Mitterand : Comment se fait -il qu’on la voit en photo avec Bousquet chez elle à Latché en 1974 … Petit rappel : René Bousquet, né le 11 mai 1909 à Montauban, assassiné le 8 juin 1993 (à 84 ans) à Paris, est un haut fonctionnaire français collaborateur qui exerça, sous le gouvernement de Pierre Laval durant l’occupation de la France par les forces armées du Troisième Reich, les fonctions administratives de secrétaire général à la police du régime de Vichy du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943
    Il aurait été également intéressant de poser la question à Danielle Mitterand pourquoi sa soeur :D anielle, Christine, épouse Gouze-Renal, habitait avec son mari à Vichy où elle travaillait à la Commission de la censure cinématographique.

    Ne pas oublier qu’il y avait une grande école d’infirmière à Vichy sous l’occupation Nazi : Il aurait été également très pragmatique de poser la question à Danielle Mitterand où celle-ci a reçu sa formation d’infirmière et dans quelle circonstance et le lieu réel où elle a commencé à fréquenter François Mitterrand …

    A ceux qui veulent bien comptrendre : Bien le bonjour

    Annick

  3. le 18 janvier, 2015 à 12:04 Doulu écrit:

    Jean-Paul Martin devient un collaborateur de René Bousquet à l’époque Secrétaire Général de la Police.

    Il est radié de la fonction publique à la Libération et obligé de s’exiler en Suède pendant plusieurs années.

    Jean-Paul Martin reste très lié avec François Mitterrand pendant toute sa vie et est reçu avec René Bousquet, à Latché, propriété du futur président, au cours de la campagne présidentielle de 1974. Jean Lacouture donne une photo prise à Latché de François Mitterand

    Quand il meurt, François Mitterrand et René Bousquet(les deux grands pots qui ont été au service des nazis)) sont tous les deux présents à ses obsèques. François Mitterrand accompagné de Danielle Mitterrand demande qu’un drapeau bleu, blanc, rouge soit posé sur son cercueil : Il aurait été judicieux de poser à Danielle Mitterand, à l’époque comment se fait-il qu’elle honore le bras droit du chef de la Police de Vichy et de la déportation ! Pour une grande dame qui s’est gargarisée d’être une personnalité au service des droits de l’homme, cela fait très très désordre . Danielle Mitterand n’a pas eu que des bons sentiments, comme la photo avec le dictateur Castro le prouve…Etrange femme qui a salit à plusieurs reprises les droits les plus fondamentaux…

    DOULU

    Notes et références[modifier | modifier le code]

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